Virginie, la vitrioleuse de Vers

Publié le par Jeanne Berthoumieux-Nussli

Ça, c’est du titre racoleur ! On se croirait en couverture d’un vieux « Détective », ou autre journal à sensations…

Oui, les recherches généalogiques mènent à tout, même à la rubrique « Faits divers ».

Explorant dernièrement l’excellent site Internet « Retronews » de la BNF, j’ai simplement tapé dans le moteur de recherche mon patronyme, heureusement peu répandu. J’ai trouvé des articles de journaux anciens sur un abbé, un avocat, un réalisateur, l’accident de voiture de mon grand-père en 1937, et la sœur de mon arrière-grand-père.

Virginie est née à Vers, dans le Lot, en 1886. Je savais qu’elle était morte célibataire en 1955, à l’hôpital de Figeac, alors qu’elle était « en traitement à l’hôpital psychiatrique de Leyme ».

Je n’avais aucune idée de ce qu’avait été sa vie, ni de ce qui avait pu l’amener à être internée. Cet article, décliné dans trois journaux différents, peut donner un début d’explication.
 

 

En 1929, alors qu’elle vit à Cahors, domestique à l’hospice de la ville, elle jette au visage du directeur, qui est aussi le maire de son village d’origine, le contenu d’un bol de vitriol. La victime aura les vêtements brûlés, mais ses blessures seront sans gravité.

La raison de ce geste d’ « hystérique », comme on devait la qualifier à l’époque ? Elle s’estimait lésée dans la succession de son père, et en tenait le maire du village pour responsable.

Sa mère était décédée en 1923, son père venait de mourir, en janvier 1929.

Je ne lui connais que trois frères : l’un mort en bas âge, l’aîné Auguste déjà décédé (sans enfant ?) en 1924, et mon arrière-grand-père mort à la guerre en 1917. Ce dernier n’avait pas eu le temps, avant d’être expédié pour combattre en Macédoine, d’épouser mon arrière-grand-mère. Mon grand-père, seul enfant du couple, né en 1917, a été légitimé à titre posthume, par un jugement de 1918 du tribunal de Cahors.

Donc, qui a dû hériter de Jean Berthoumieux ? Ne restait-il que sa fille Virginie dans le Lot, et son lointain petit-fils en Haute-Garonne, sûrement mal venu et qui, d’après ce que j’en sais, n’avait pas eu de contact avec sa famille paternelle ?

Je vais maintenant programmer une visite aux archives départementales de Cahors, à la recherche de la succession de Jean Berthoumieux.

J’espère également que les archives judiciaires me permettront de trouver ce jugement de légitimation de mon grand-père, surement l’opposition de la famille lotoise, et les arguments en faveur de la mère de l’enfant.

L’enquête est ouverte…

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Publié dans Dans la famille

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